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WALTER BONATTI

 

 

Walter Bonatti (né à Bergame le 22 juin 1930) était certainement l'un des plus grands alpinistes de sa génération, il fut aussi un baroudeur, un écrivain et un aventurier à la forte personalitée, il avait attirer l'admiration de tous par ses réalisations avant-gardistes (pilier sud-ouest des Drus en solitaire, face nord de la Cima Grande di Lavaredo et de la Cima Ovest en hiver, hivernale aux Jorasses, etc...), doté d'un fort potentiel physique (son pouls bat à 40 pulsations/minute au repos et pas à plus d e75 /min a 7.500 m d'altitude après 8h00 d'efforts !), il a pour référence Anquetil ou F.Copi, il ne boit pas, ne fume pas et s’avère particulièrement résistant au froid et au sommeil (au  Cervin par exemple, il est resté 4 nuits sans s'assoupir une seule minute, et ce par des températures Sibériennes !), il n’entraîne jamais le haut de son corps car cela pourrait nouer sa musculature, alors il s’entraîne à remonter les pentes de ski à l'envers ou à faire du slalom - il échappe à la mort de justesse en 1954 alors qu'il prends part à une expédition particulièrement engagée sur le K2 alors qu'il n'a que 23 ans: abandonné par ses compagnons Lancedelli et Compagnoni en pleine paroi sans rien à manger ni à boire, il survivra grâce à sa volonté de vivre - Une longue polémique commença au retour des alpinistes qui n'a pris fin qu'en 1993 lorsque la vérité éclate au grand jour !

 Il est mort en 2011, non loin de Rome, en laissant derrière lui de grandes pages de l'alpinisme contemporain !

 

Bonatti au Cervin...

Tout le monde connait l'histoire du Cervin avec une date en mémoire, le 14 juillet 1865, lorsque 7 alpinistes gravissent pour la première fois la pyramide de celle qui deviendra plus tard, la plus belle montagne du monde... malheureusement, lors de la descente, les choses se passent mal et 4 alpinistes meurent, parmi les respcapés, on compte E.Whymper, un des grands noms de l'alpinisme qui avec ses chanceux compagnons de cordée disent avoir vu dans le ciel le signe de la croix.....

Une croix que Walter Bonatti en personne a toujours eu à l'esprit jusqu'à cette autre croix plantée "in memoriam" qu'il devait atteindre lorsqu'il a fait sa première solitaire au Cervin (en 1965), dans une face Nord qui était prise d'assaut par les journalistes et autres reporters, tout le contraire de Bonatti qui aimait partir en montagne sans rien dire à personne, si ce n'est à quelques amis proches, mais cette fois, le projet est trop important et il à besoin d'une équipe pour l'aider - La forme du sommet et son emplacement exposait Bonatti aux yeux et aux objectifs du monde entier, et des qu'il faisait clair, les téléscopes et les jumelles ne le quittaient plus, lui qui aimait à répeter:

"je suis un mauvais guide, risquer la vie ou la mort des clients dont je ne sais rien, et ce contre 50.000 ou 100.000 lires m'interesse peu, je n'ai de penchant que pour les courses solitaires, qui me détachent de la vie moderne où je me sens perdu, ou que j'entreprends avec des amis"

 

***

Pour communiquer avec a vallée, il utilisait même un savant jeu de fusées (lorsqu'il lançait une fusée verte, c'est que tout allait bien, si cétait une rouge...) - Pendant cette première, il est resté pendant 4 jours collé à la paroi comme une mouche sur une vitre, avec des températures avoisinant les - 28°, l'empêchant de dormir la nuit alors qu'il bivouac le dos à la paroi avec deux anneaux de cordes (l'un soutenant sa poitrine, l'autre ses genoux), attendant avec impatience les premières lueurs du jour - Combien de fois Bonatti s'est il posé la question de savoir au petit matin, s'il continuait son rêve ou bien s'il redescendait sagement en rappel vers les lumières de Zermatt ?

 

on le voit ici en pleine ascension, au bout d'une longueur de 30 /40 m , cherchant à installer un relais afin de redescendre en rappel chercher son sac de 30 kgs - Lorsqu'il remontera le long de la corde, il enlèvera alors au fur et à mesure ces mêmes pitons qui lui ont servit de "pseudo-assurance" (au final, il aura donc effectuer par deux fois cette face nord !) , il ne compte ni le temps ni la fatigue engendrée par ces allers-retours incessants .

Dans le fameux passage de la "traversée des Anges", essayant de planter un clou dans un rocher compact, jouant les équilibristes après avoir nettoyer un peu le rocher enneigé; Cette traversée représente 120 m, de la droite vers la gauche de la paroi, sur des plaques verglacées et traîtresses, un passage qui lui prendra la journée et durant lequel il ne mangera que quelques sucres...

Le lendemain, après une nouvelle longue nuit, il faut repartir, les pieds sont froids, gelés (?) , il ne sait plus, mais le désir de "sortir" est plus grand, alors il faut battre les semelles des chaussures, essayer de réactiver la circulation, mais il est trop lent, son sac est trop lourd, alors il décide de s'alleger et commence à vider son sac de tout ce qui est superflus: petit morceau de parmesan, cartouches de gaz, petits pots de confiture, bacon, biscottes viande séchée, sucre, bouillon de poule, lait concentré..!); Cette décision lui a fait franchir la barrière de surplomb, mais il est désormais pris au piège, il ne peut plus revenir en arrière et doit impérativement sortir par le haut, c'est à ce moment là qu'n caressant son petit ours porte-bonheur, il s'aperçoit qu'il a les mains en sang et que le froid lui à creusé de profondes crevasses; Il se met à revoir la descente catastrophique de Whymper il y a un siécle en arrière, il demande alors à Dieu de le faire sortir, c'est déjà tard, il faut penser au bivouac car la nuit arrive vite.

Bivouac inconfortable, le temps de faire un thé !

Le lendemain matin, en levant la tête Bonatti aperçoit une zone surplombante de 35 m, il aperçoit un avion venu le "surveiller" qui lui fait comprendre quil n'est plus trés loin du sommet, alors il décide de s'alleger encore une fois, il dégage toute sa nourriture, ses étriers, ses pitons, s'apprête à jeter son casque avant de le récupérer in-extremis contre sa poitrine, repensant aux nombreux accidents mortels qu'il ui a éviter au cours des 4 dernières années - Vers 15h00, il se trouve à 50 m sous le sommet et entrevois la croix, dans le soleil qui l'illumine encore, elle apparait incandescente, la lumière l'éblouit, il explique que c'est miraculeux, sur-réel, que cela ressemble à l'auréole des saints, il tombe au pied de la croix et pleure en silence, il vient de réussir son pari !

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La croix que l'on peut apercevoir prise depuis un avion venait tout juste d'être realisée par 3 guides Italiens (aprés qu'un orage l'ai endommagée) montés en l'honneur de l'alpiniste car jamais ils n'avaient douter de la victoire de l'alpiniste Italien.

Il lui aura fallu 4 jours et 3 nuits pour atteindre le sommet du Matterhorn, et pas moins de 9h00 pour franchir les 378 m depuis son dernier bivouac alors qu'il est à moitié aveugle par le froid qui a fait éclater les verres de ses lunettes ... de skis !

"c'est mon ascension la plus difficile mais c'est la plus belle, j'ai commencé avec les Drus, cette perle des perles, je termine avec le Cervin dont je suis tombé amoureux il ya 10 ans, tous mes problèmes sont résolus"

 

Voici le matériel d'époque (soigneusement étudié dans les moindres détails) avec lequel Walter Bonatti à réalisé cette ascension ... soit au total 30 kgs sur les épaules : veste en duvet, sou-vêtement en flanellen sous e knicker, une paire de guêtresenb drap imperméabilisé et une paire de chaussure doublés de draps de laine(!), du sucre, 5 cartouches de gza, 5 boites de biscuits, pruneaux, amandes, noisettes, du lard, de la viande de chamois séchée, parmesan, 3 boites de lait concentré, 10 sachets de thé, 3 barres de nougats, et quelques produits "au cas ou" (coramine glucose + optalidon + aspirine), 3 fusées vertes et 3 fusées rouges.

Coté escalade: 30 pitons, 3 longues broches à glace, 20 pitons extra-plats pour fissures fines, 20 pitons pour grosses fissures, anneaux de corde, une corde de 40 m (9 mm) +corde de 40 m (7mm), un piolet court, un marteau-piolet, un marteau (pitonnage), 30 mousquetons, 2 coins de bois, une paire de crampons, 4 étriers.

 

Ne disait-il pas dans son magnifique livre "Montagnes d'une vie":

"Les montagnes n'appartiennent à personne mais les expériences appartiennent à chacun; Beaucoup d'autres peuvent grimper sur les montagnes, mais personne ne pourra jamais s'emparer des expériences qui sont et demeurent nôtres"

 

Ciao Walter, grazie !

 

 

 



06/08/2012
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