alarbatte

alarbatte

ALLONS NOUS VRAIMENT VERS LA DISPARITION DES GLACIERS ?

La première inquiètude fut de voir il y a quelques années de cela le recul de la mer de glace... Le CNRS (avec le concours de glaciologues du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement et de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich) à quant à lui à constater que le recul généralisé depuis 150 ans, serait dû à une diminution de plus de 25% des chutes hivernales de neige.

Les glaciers alpins ont connu une période de forte extension entre les années 1550 et 1850, la Mer de Glace s'étendait 1,8 km plus en aval et atteignait le village des Bois ;

Le glacier d'Argentière, avec 1,4 km supplémentaires, venait mourir au pied du village d'Argentière.

Entre les années 1760 et 1830, sur la même période, les températures d'été étaient supérieures à la moyenne de celles du 20° siècle, ce qui aurait dû conduire à un recul et une perte de volume des glaciers.... leur "augmentation" (la plus importante notée à ce jour date de 1644, cette "crue" détruit les hameaux du Châtelard et de Bonanay s'arrêtant aux portes du hameau des Bois et la dernière enregistrée datant de 1995) seraient survenue suite à une augmentation des précipitations hivernales, un phénomène qui s'est inversé entre les années 1830/1850 pendant laquelle le recul des glaciers alpins a résulté d'une diminution des précipitations hivernales d'au moins 25%, et non pas d'un réchauffement !

 

mdg1850

La mer de Glace en 1850 (Photo: Wolf)

 

La Mer de Glace est une attraction touristique depuis la moitié du 18° siècle et sa "langue" qui s'étalait alors au fond de la vallée de Chamonix, ainsi que les dégâts causés par ses avancées lui ont valu l'attention des touristes et de la population, certainement aussi parce que c'est le plus grand glacier des Alpes occidentales (avec ses 12 km de long situés entre 1.500 et presque 4.000 m d'altitude sur une surface totale de 32 km2) et qu'il est situé dans le massif du Mont-Blanc, là où se trouve le plus sommet d'Europe !

Désormais la mer de glace n'est même plus visible depuis la vallèe et a reculée de 2 km en 150 ans.

Dans l'Isère, le petit glacier de Sarennes que l'on peut voir sur la photo ci-dessous, qui est surveillé depuis 1948 (mais observé depuis 1906), à perdu en un siècle, la moitié de sa superficie et plus de 80% de son volume !

 


Les Pyrénées ne sont évidement pas épargnées par le phénomène et la région est passée de quelques 34 km2 de glaciers en 1875 à 6 km2 en 2000, on n'en compte plus que 30 désormais alors qu'ils étaient 60 à la fin du siècle dernier !

Ces petits glaciers sont évidement plus exposé que les gros qui gardent une "réserve" (toute relative) au sien de leur masse, l'altitude joue également un rôle important puisque, plus l'altitude est élevée, plus la température (désormais principal vecteur de la fonte) augmente et accélère le procéssus.....

 

Certains glaciers comme celui des Bossons font "l'élastique", ne cessant de croitre (parfois dangereusement puisque depuis 1610, il est décrit comme le plus dangereux de tous, les habitants craignant même à cette époque qu'il ne coupe la vallée en deux  !) et de de reculer;  Je me souviens qu'il y a quelques années en arrière, il suffisait de sortir de la voiture, de marcher quelques minutes à travers une belle forêt, pour toucher presque aussitôt après la glace et les premières barrières de séracs où il faisait bon venir s'entrainer....   

 

Votre "serviteur" en 1980 du côté des Bossons...

 

Le glacier des Bossons est très "dynamique" et réagit très rapidement aux différences de climat, mais cela ne l'empêche pas d'avoir perdu de sa surface lui aussi, facilement calculable et visible  si l'on fait la moyenne de ses mouvements !

En 1990, il "remonte" de 100 m, en 1994, durant la seule saison d'été il perdra plus de 20 m...  Il fut également le théâtre d'une catastrophe aérienne en 1950 avec le fameux "malabar princess" d'Air India qui s'y écrasa à 4.677 m (aux rochers de la Tournette) alors qu'il assurait la liaison entre Bombay et Londres;

Depuis plus de 20 ans le glacier recrache régulièrement des morceaux de tôles et des débris, en 1986, Christian Mollier à même retrouvé une roue du train d’atterrissage au niveau de l'actuelle buvette !  

 

*****

On parle souvent de la fonte de nos glaciers mais on a tendance à oublier qu'ils ne sont pas les seuls à inquiéter les spécialistes qui les surveillent au plus près... ainsi la fonte des glaciers tibétains représente un danger pour près de la moitié de la population du globe !!!

Les experts s'accordent même à dire que les plus hauts glaciers seront réduits d'1/3 en 2050 et de moitié en 2090 !!!

Des prévisions inquiétantes d'autant que les montagnes du Tibet abritent les lits, entre autres, du Gange, du Brahmapoutre, de l'Indus, du Yangtze, du Fleuve jaune et du Mékong.....

Directement ou indirectement, 3 milliards d'individus sont donc à moyen terme menacés par un manque d'eau; Pour le Programme des Nations unies pour le Développement, en Chine, 300 millions de paysans des régions de l'ouest seront touchés par la baisse du volume d'eau.

Pour l'Académie des sciences sociales, l'activité humaine est aussi et en grande partie responsable de la dégradation de l'environnement, le pompage de l'eau du Tibet par la vorace industrie chinoise est souvent pointée du doigt par les écologistes et les scientifiques....

 

*****

- Le Mont Kailash en danger ?  (mai 2010)

 

La fonte des glaciers préoccupe les pays limitrophes que sont les Chinois, les Indiens et les Népalais qui devraient unir leur forces tout prochainement.

L'Inde, la Chine et le Népal ont en commun ce célèbre sommet sacré et interdit d'accès depuis toujours, dôme himalayen culminant à 6706 m et où 4 des plus grands fleuves d'Asie prennent leur source : le Gange, le Brahmapoutre, l'Indus et le Sutlej - Il est donc vital à ces pays de protéger non seulement le paysage tout à fait spectaculaire de cette montagne, mais également de répondre au problème de la fonte des glaces et de la disparition de la biodiversité; Un programme va donc être lancé en ce sens. Fait intéressant, il devrait aussi comporter une mission de conservation de la culture de la région, une initiative historique d'autant que jamais auparavant ces pays n'avaient été associés autour d'un pareil projet....

À l'origine du projet, une institution internationale, l'International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD), qui �uvre également avec les ministères de l'environnement chinois et népalais. Le ministre indien avait tout d'abord rendu visite à son homologue chinois l'an passé pour établir une coopération sur la conservation des glaciers, et sur la sauvegarde du tigre. Tout naturellement, il s'est ensuite tourné vers le ministre de l'environnement du Népal pour évoquer les mêmes questions. D'autres institutions indiennes apporteront leur part : le Wildlife Institute of India ainis que le GB Plant Institute of Himalayan en collaboration avec le Service des Forêts de l'Uttarakhand.

La première phase du projet devrait durer 18 mois avec un atelier de formation organisé par l'ICIMOD, qui devrait permettre de concrétiser des voies d'action.

Quant à la Chine, se préoccuperait-elle un peu du sort du Tibet ? Oui en tout cas, en ce qui concerne une espèce faunique rare, l'antilope tibétaine, certainement pas pour rien, mais bon, c'est mieux que rien !

 

- Le Pérou "peint" ses montagnes : (Juillet 2010)

Pour tenter de sauver leurs glaciers, les Péruviens sont prêts à tout, même à mettre en oeuvre les idées les plus saugrenues - Un projet  suscite déjà la polémique, il a néanmoins retenu l'attention de la banque mondiale, qui financera un programme pilote à hauteur de 200. 000 $ !

De quoi sagit il ? À Licapa, un petit village situé dans la vallée voisine de celle du glacier de Chalón Sombrero, quelques hommes de la communauté préparent un mélange tout simple à base d'eau, de chaux et de blanc d'oeuf utilisé depuis des siècles au Pérou qui servira à recouvrir les sommets andins d'un manteau blanc artificiel, destiné à refroidir la vallée....  Malgré la démesure du chantier, les travaux avancent à un bon rythme : deux hectares ont pu être recouverts de peinture en 2 semaines et au total, il est prévu de blanchir une zone de 70 hectares, comprenant 3 sommets.

 

 

En réfléchissant les rayons solaires vers l'espace, la peinture blanche devrait permettre de refroidir la surface des montagnes et de générer un climat plus froid autour du sommet, c'est du moins ce qu'espère Eduardo Gold, le fondateur du projet, qui a réussi à convaincre la banque mondiale de financer cette initiative - N'oublions pas que le Pérou abrite 70 % des glaciers tropicaux, et selon une étude de la banque mondiale, 22 % auraient disparu au cours des 30 dernières années.

Si rien n'est fait pour tenter d'atténuer les effets du changement climatique, les glaciers restants pourraient disparaître complètement d'ici 20 ans, l'en,jeu est donc de taille, les glaciers alimentant aussi en eau les populations de la côte péruvienne tout en leur fournissant de l'électricité grâce aux barrages hydroélectriques; Selon Antonio Brack, le ministre de l'Environnement du Pérou, il faut 400 millions $ par an pour faire face aux effets du réchauffement planétaire mais il compte parmi les détracteurs du projet et estime qu'il existe des initiatives beaucoup plus intéressantes qui mériteraient un tel investissement...l'avenir nous dira qui avait raison !

 

- L'Argentine vote des lois pour proteger ses glaciers : (1°Septembre 2010)

La cordillère "Argentine" s'étire sur plus de 3 500 km et regorge de richesses de différentes natures, aussi, face à la pollution générée par l'exploitation minière à grande échelle, en particulier au niveau des cours d'eau, des voix s'élèvent pour dénoncer ce type d'industrie et réclamer une meilleure réglementation.

L'opposition, grâce à l'appui d'une partie de la majorité, a fait voter par les députés mercredi 11 août un texte dans lequel les glaciers sont déclarés 'réserves stratégiques de ressources hydriques'.

Toute exploration ou exploitation minière serait désormais interdite à l'intérieur des régions périglaciaires, celles-ci englobent les zones de basse et moyenne montagne dont le sol est gelé, et qui agissent comme régulateurs de la ressource hydrique - Pour les écologistes, il s'agit d'une victoire importante : seule une loi nationale peut garantir une protection efficace des glaciers face à la pression constante des lobbys de l'industrie.

 

- Les glaciers continuent de reculer (27 Septembre 2010):

Dans les Alpes, le recul des glaciers est une réalité stupéfiante, les rapports s'empilent et les affaires continuent.
Ce n'est pas la peine d'aller dans l'Himalaya ou dans la cordillère des Andes. Tout près de chez nous, dans ces Alpes que l'on croyait immortelles, le dérèglement climatique est en train de bouleverser le paysage. Le recul des glaciers y est une réalité stupéfiante, les rapports s'empilent et les affaires continuent. Regardons de plus près l'étude du scientifique Michael Zemp, parue en juillet 2006 dans "Geophysical Research Letters", verdict : les glaciers des Alpes auraient perdu la moitié de leur surface depuis 1850... Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que les glaciers sont des structures stables, dont la vie se compte en millénaires, parfois bien davantage.

Autre travail, datant, lui, de 2009: le chercheur de l'université helvétique ETH � de Zurich � Martin Funk révèle que les glaciers suisses n'ont jamais autant fondu en 150 ans - Au cours du seul été 2003, leur masse aurait perdu 3,5%, et 12% en 10 ans !

Les causes de ce fulgurant phénomène ne sont pas toutes connues. Comment comprendre pleinement la vie si complexe d'un glacier ?  Les chutes de neige hivernales ont baissé, en une poignée de décennies, de 25% et les températures d'été, qui ne cessent de grimper, changent davantage de glace en davantage d'eau...

 

- Le Kilimandjaro existera t'il encore en 2015 ? (30 Octobre 2010)

La fonte de la calotte sommitale du Kilimandjaro (5.891 m)est depuis des années une certitude... une preuve incontestable du bouleversement climatique et du réchauffement de la planète, oui mais ... d'autres facteurs pourraient bien en être à l'origine comme le montre il y a peu un article du "Time Magasine" dont les auteurs sont , pour une part, le directeur du "Oregon Climate Change Research Institute" et l'autre une glaciologue et professeur à l'université de Innsbruck.

 

 

20 années de recherches sur le terrain semblent vouloir montrer que la cause du changement climatique est principalement due à des facteurs régionaux, comme la déforestation des régions alentours par les fermiers qui impacteraient l'humidité de l'air et réduirait la création de nuages, donc la pluviométrie, et doinc la neige à haute altitude mais également la protection des glaciers des rayonnement solaires par la couverture nuageuse....

Encore une fois un constat effrayant lorsque l'on parle de changement climatique (ici particulièrement accé sur les montagnes de la Terre... voir la video que je vous encourage à partager !


- Avril 2013 - en route vers un rechauffement de 6° ! Le constat est navrant, la production d'énergie implique toujours autant d'émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'il y a 40 ans, comme le montre un tout nouvel indice créé par l'AIE. Cette ligne presque droite doit pourtant s'infléchir fortement vers le bas si on souhaite stabiliser le réchauffement à 2°C, mais la poursuite des politiques actuelles nous pousse vers un réchauffement de 6 degrés Celsius; Que dire de la fonte des glaces qui vient d'être démontré (celles de l'Antartique fondent 10 fois plus vite qu'il y a 10 ans) par une étude franco-Britanique. Voir l'article ici . Non seulement la consommation énergétique mondiale s'envole, mais la quantité de CO2 émise pour chaque unité énergétique produite n'a baissé que de 1 % en moyenne depuis 23 ans, à cause principalement de l'essor continu du très polluant charbon; Pour mieux comprendre, lire la suite ici .

Le monde n'est pas sur la trajectoire pour atteindre en 2020 l'étape intermédiaire de ce scénario ont averti, hier, les experts de l'Agence internationale de l'énergie dans le troisième et dernier rapport annuel que cette institution consacre à l'évolution des énergies propres. 

La production d'énergie tirée des ressources fossiles croît en effet dans une proportion telle qu'elle efface le bénéfice environnemental que l'on peut tirer de l'essor, pourtant bien réel, des énergies renouvelables et les technologies carbonées continuent de dominer la croissance de la production d'énergie.

La Chine ferme de manière assez massive ses vieilles centrales au charbon (pour l'équivalent de 85 gigawatts en 2011 et environ autant l'an dernier). Mais dans un cas sur deux, les nouvelles installations sont aussi sales et aussi peu performantes que les précédentes... ainsi les avantages écologiques tirés de cette mise au rancart ne sont donc pas particulièrement significatifs.
Face à la demande mondiale de charbon, en forte croissance, l'objectif des 2° sera donc très difficile à tenir d'autant que les capacités de production mondiale en énergie nucléaire prévues à l'horizon de 2025 sont inférieures de 15 % à 32 % à ce qu'elles devraient être...

 

 

 

 



11/07/2008
3 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 49 autres membres